origine lab

A l’origine de la jolie épicerie bleue de Montmartre, il y a une vraie profession de foi.

J’ai ouvert le LAB français en mars 2021, en plein milieu de la crise sanitaire, après plusieurs années de réflexion profonde sur nos modes d’alimentation.

Dans ce premier article de blog, je souhaite partager avec vous le cheminement qui a mené au LAB français et les principes fondamentaux de cet engagement.

S’informer pour mieux consommer

L’envie de créer le LAB français a pour origine une prise de conscience progressive, étayée par des lectures et échanges avec des acteurs du monde de l’agroalimentaire.

Parmi les lectures, j’en citerais deux : d’abord, le livre « Et maintenant, qu’est-ce qu’on mange ? »* de Christophe Brusset. C. Brusset et un ancien industriel de l’agro-alimentaire qui raconte dans ce livre les dessous de l’industrie agroalimentaire, à la manière d’un Octave Parrango dans le livre 99 français de Frédéric Beigbeder.

Et c’est édifiant : on y apprend entre autre que la Chine est le premier producteur mondial de miel alors qu’il n’y a plus d’abeille en Chine du fait de la pollution (un miel qui s’avère être un sirop de sucre liquéfié),  ou le nombre impressionnant de traitements chimiques que subit le cochon pour que les industriels puissent in fine nous proposer des tranches de jambon si lisses et si roses (vous ne pourrez plus JAMAIS en acheter après avoir lu cela). Et bien sûr, un chapitre sur le concentré de tomate industriel, dont la qualité et la provenance sont plus que douteuses.

Ce livre est douloureux et nécessaire. Après cela, il devient très difficile de continuer à faire ses courses en supermarché.

Une autre lecture est le rapport des Greniers d’Abondance intitulé « Vers la résilience alimentaire : faire face aux menaces globales à l’échelle des territoires »** paru en 2020. Un rapport très étayé, qui fait froid dans le dos et qui doit nous faire réagir sur les enjeux environnementaux et sociétaux de nos manières de consommer. Car nous, consommateurs, sommes totalement acteurs sur ces enjeux.

Cette étude m’a éveillée sur la nécessité de privilégier les petits producteurs et artisans car ils sont les garants d’une alimentation de qualité et du respect de l’environnement. Et ils sont mis en danger par les grandes surfaces, la consommation industrielle et la culture intensive.

Enfin, échanger avec des professionnels de l’alimentaire a renforcé ces convictions. Ce qu’il se passe dans les coulisses des géants de l’industrie alimentaire est loin d’être charmant! 

Prenons le cas de l’huile d’olive, un produit qui m’est cher. C’est un des produits sur lesquels l’opacité et les mensonges sont les plus forts car il est très demandé. Ainsi, pour réduire les coûts, les grands producteurs européens, par exemple espagnols, ne font parfois que distribuer des huiles produites en Afrique du Nord, avec la mention d’huile espagnole. Car en effet, le principal problème des géants de l’industrie agroalimentaires et de la grande distribution, c’est l’opacité et le manque de transparence, voire, soyons clair, le mensonge.

Offrir une alternative à la grande consommation en privilégiant les petits producteurs

Car in fine, le sujet est d’avoir le choix. Ne s’alimenter qu’en grandes surfaces, avec des produits de grands producteurs industriels met ces derniers en situation de monopole. Ayant un pouvoir trop important, ils en abusent pour maximiser leurs profits tout en vendant des aliments de moindre qualité et produits à moindre coût.  

Et aujourd’hui, le marché de l’alimentation en France est extrêmement concentré : selon l’étude des greniers d’abondance, sur 436 000 exploitations agricoles en France, 300 entreprises agroalimentaires concentrent 85% du marché. Et 87% des ventes de produits alimentaires pour la consommation à domicile sont aujourd’hui réalisés dans les enseignes de la grande distribution et du hard discount. 6 Centrales d’achats concentrent 92% du marché de la grande distribution (Auchan, Carrefour, Casino, Intermarché, Leclerc et Système U).

Donc pour faire simple, près de 90% de la consommation alimentaire française est gérée par 300 industriels et 6 centrales d’achats.

Sachant que dans ces magasins, la provenance des produits est souvent très obscure et la qualité très discutable, où est le choix pour le consommateur ?

Pour rééquilibrer les pouvoirs, et mieux s’alimenter, il est donc essentiel de diversifier nos sources d’approvisionnement. Et dans une époque où le QR Code la Blockchain dominent, se nourrir auprès de petits producteurs et artisans demeure le seul gage fiable de qualité. Pourquoi ? Parce qu’ils ont un amour de leur métier et de leurs produits incomparables. Ensuite parce qu’ils maîtrisent de bout en bout leur processus de production, qui est souvent réalisé manuellement, à partir de leurs propres matières premières et limité au périmètre de leur entreprise familiale, voire de leur localité. In fine, leurs produits sont réalisés de façon artisanale, avec des ingrédients de qualité et sans additif.

Manger bien est-ce plus cher ?

Abordons la question qui fâche : manger bien, n’est-ce pas trop cher ? Acheter des produits artisanaux, bons et sains, peut sembler a priori plus cher. D’abord, car fabriquer de bons produits passe par des ingrédients de qualité, et la qualité a toujours un prix. Ensuite car produire de façon artisanale, manuellement et en petites quantités coute également mathématiquement plus cher.

Je pense cependant que quand on commence à acheter de bons produits, un rééquilibrage se fait naturellement entre qualité et quantité. Manger moins de certains aliments (charcuteries, viandes, poissons…), mais mieux. On est souvent moins regardant sur le gaspillage quand on achète des produits de moindre qualité.  Personnellement, mon budget alimentaire n’a pas flambé quand j’ai commencé à acheter des produits plus chers.

En conclusion, à l’origine du LAB français, une mission

La 1ere ambition à l’origine du LAB français est de mettre en valeur les petits producteurs et artisans français. Parce qu’il est nécessaire de les soutenir, d’acheter leurs produits. Pour eux, mais surtout pour nous, pour mieux manger !

Et si j’adore la cuisine du monde, et surtout la cuisine italienne, ouvrir une épicerie exclusivement française, c’est contribuer selon moi, économiquement au soutien des producteurs et artisans de nos terroirs.

La seconde volonté d’apporter aux clients du LAB Français une autre alternative de consommation en ligne avec mes valeurs : des produits sains, sans additifs, respectueux de l’environnement et gourmands.

Enfin, c’est d’accompagner les producteurs et les consommateurs sur des enjeux de consommation plus responsable : parmi les petits producteurs, une nouvelle génération porte de plus en plus de projets avec de fortes valeurs : sur la réduction des gaspillages, le recyclage, la consommation locale et de saison…

J’aime beaucoup l’idée véhiculée par certains professionnels selon laquelle un épicier est un « passeur » d’histoires, de savoir-faire et de saveur.

Et toute ces valeurs à l’origine de l’épicerie, nous avons essayé de les traduire dans le logo et le nom de l’épicerie du LAB français : LAB pour Local, Artisanal et Bon

origine lab logo

Pour en savoir plus sur les valeurs à l’origine du LAB français, consulter notre manifeste

*: Et maintenant, on mange quoi? Un ancien industriel de l’agroalimentaire vous aide à faire les bons choix – broché – Christophe Brusset – Achat Livre ou ebook | fnac. Editions Flammarion

**: étude téléchargeable sur le site des Greniers d’Abondance: Les Greniers d’Abondance – vers la résilience alimentaire ! (resiliencealimentaire.org)

Page facebook: (20+) Les Greniers d’Abondance | Facebook

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